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Le meilleur menteur ne ment jamais

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Penses-tu que
Invité respirera encore longtemps ?

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MessageSujet: Le meilleur menteur ne ment jamais Mar 7 Oct 2014 - 18:22









Age Will
« Chaque tristesse cherche son bonheur et chaque bonheur a besoin de sa tristesse. »
21 ans ∞ Pawns - Chasseur de vampire ∞ OC random de PENGUIN FACTORY.
Pansexuel ∞ Clown
« Je ne mens jamais. Ça ne veut pas dire que je dis la vérité. »

Ton rire, fluide et naturel, se répand entre nous comme une longue latte de fumée de ta cigarette. Arrête veux-tu? Tous tes grands airs désinvoltes, tes phrases paradoxales et complexées comme la pire adolescente de l'univers... Ça m'agace. Si tu pouvais prendre la peine de me regarder sérieusement. Qu'est-ce qu'il a de plus le ciel de malheur? Des petits points scintillants? Un gros jaune d'œuf avec le blanc éparpillé autour? As-tu déjà pris la peine de regarder mes rondeurs, mes yeux pers et mes longues jambes d'albâtre? Non, bien sûr que non. Ça plaît aux autres. Jamais à toi. Je ne suis pas intéressante. Je te suis même... ennuyante.

Si tu étais né comme tous les autres hommes, tu m'aurais tellement facilité la tâche. Je te défie du regard et tu fais semblant de ne pas le voir. Tu fais toujours semblant. Un bruit d'agacement sort d'entre mes lèvres et je te lance, provocante :

« Comment veux-tu qu'on te fasse confiance, si c'est ainsi? »

Mais je ne gagne jamais à ce jeu contre toi. Un sourire fin s'étend sur ton visage doucereux, comme un mince trait de pinceau qu'un grand peintre applique sur sa toile. Je ne vois pas tes yeux derrière ta frange, mais ce sourire est  bien assez pour moi. Tu me fais sentir stupide.

Si je te le disais, tu me dirais que ce n'est pas le cas. Un visage, un si doux visage, si posé, se tourne vers moi. Tu me figes sur place, tu me rends raide, tendue. J'aimerais tellement que tu m'enlaces. Juste sentir la chaleur de ta peau contre la mienne. C'est tellement peu te demander. Si tu pouvais penser à moi, comme je pense à toi. Est-ce que ça te passe au moins à l'esprit, parfois?

« En tenant compte de chaque parole, de chaque mot. Me fais-tu confiance? »

Mes épaules s'affaissent, la tension de mon corps se fait brusquement marteler par ta voix qui n'a pourtant rien, rien de rien, de grave et menaçant. Tu vois? C'est toujours comme ça. J'ai encore perdu contre toi. Oui, oui je te fais confiance. Entièrement confiance. Comme tout le monde. J'ai beau douter, j'ai beau craindre de te voir partir, mais au final, j'ai foi en toi. Tellement, que je sais qu'il n'y a pas plus fidèle que toi. Tu les as toutes tenues, ces promesses que tu me faisais et oh combien j'aurais aimé, malgré tout, qu'elles soient sincères.

Ta frange sombre s'écarte sous tes doigts habiles et ton regard clair me regarde, souriant.

« Tu vois. »
« Je suis stupide. »
« Tu n'es pas stupide. Je n'ai jamais dit ça. »

Tu le penses. J'en suis si sûre et pourtant, je le sais dans tes yeux que tu as raison. Age. Dis-moi juste une chose. Une chose simple qui suffirait à me rassurer entièrement. Tu sais de quoi je parle. Dis-le pour moi. Age. Ma lèvre inférieure se fait mordiller, tu devines ce que je pense et je voudrais sentir ta main rassurante contre mon visage. Es-tu si cruel sans le savoir? La fumée de ta cigarette monte au ciel, rejoindre les étoiles qui t'ont toujours semblé plus importantes. La clarté de tes yeux me scrute, tu me fais sentir comme tes cibles. Je ne suis pas un de ces vampires que tu étudies et que tu chasses.

Tu me blesses. Avec ton silence obstiné. Tu as toujours été un piètre romantique et c'est sur toi, pourtant, que mon cœur est tombé. Dis-moi, pourquoi mon être ne désire que toi? Est-ce parce que tu sais si bien rassurer les gens? Est-ce en raison de ta patience qui savait calmer mes ardeurs? Ou bien par ta justice si égalitaire? Je t'admire à la chasse, je t'aime à ton courage. Tu es magnifique, lorsque tu t'élèves contre les raclures, lorsque tu leur jettes ces mots bafouant l'orgueil. Tu es agréable à observer, lorsque tu te défends en refusant de frapper. Je me dis que tu es une sorte de justicier pacifique. Ou un chasseur qui mesure ses balles. Mon cœur devait être facile à capturer, pour toi qui n'a qu'à sourire et discuter pour rassurer.

Mais j'aurais voulu plus. J'aurais voulu ton cœur, celui qui reste détaché. Ce que je n'ai jamais réussi à gagner.

Je te supplie. Regarde-moi Age. Ce sera peut-être la dernière fois. Vois, vois comme tu me rends malheureuse. Fais-tu semblant, joues-tu avec mes sentiments, ou ne le vois-tu réellement pas? Amant cruel sans le savoir. Vraiment?

« Age... s'il-te-plaît... je t'en prie. Embrasse-moi. »

Tes beaux yeux me regardent et je la vois... ou serait-ce mon imagination? Cette lueur vacillante. Crains-tu mes lèvres juste parce que moi, contrairement à toi, j'aime réellement? Je ressens sans indifférence, sans faux-semblant. Sans mensonges. C'est vrai. Tu ne mens pas, toi.

J'étais certaine que tu ferais mine de ne pas m'avoir entendue, mais ton visage si calme se penche vers moi et sans que je ne puisse réagir, ce sont tes lèvres douces et chaudes que je sens contre les miennes. J'aurais voulu te le rendre au lieu de sentir les larmes couler, mais non. Non. Comment veux-tu que j'y crois, à ces lèvres serviles qui ne font que répondre à ma demande. Déjà, tu recules et tu annonces la fin. La nôtre.

« Tu n'es qu'une raclure. »

Cette cigarette que tu avais retirée de ta bouche vient y pendre de nouveau et j'entends tes mots comme un simple écho :

« Sûrement. »



« Allons, allons mon jeune garçon la grosse peine ne va tout de même pas rester dans ton petit cœur pour toujours. Regarde-moi. Regarde Lys et tu souriras! Pour toi le bonheur est dans une montagne russe en chocolat? Hop! La voilà! Lys toujours te consolera! Oh! Qu'est-ce que je sens? Hm... il y a une bête dans le coin. Allons mon enfant, je t'offre cette parcelle de bonheur. Oui, oui! Et maintenant, que ta tristesse s'envole en même temps que moi! Je sens qu'il y aura du travail supplémentaire ce soir! Qu'en dis-tu, Age? Hm? Laisse-moi prendre ta place et te protéger ce soir. Tu as une peine d'amour à consoler et pour cette fois, non Lys le Clown ne t'aidera pas. Les grands garçons savent assécher leurs propres pleurs. Hop! »

 Biographie

 « Lys racontera. Lys se fera un plaisir de parler de lui aussi aisément, hihihihi! Va, va te reposer, laisse Lys s'en charger! On s'époussète, on se balance d'une jambe à l'autre, on ajuste ses grelots, on plie et déplie sa fraise... voilà! Lys fin prêt à raconter son histoire! »

Rien de bien important, rien de bien marquant. Ni de spécial. J'exagère? Sûrement. Après tout, ce grand enfant est bien descendant d'une bonne lignée de chasseurs, croquant à pleines dents dans leurs battues, cherchant les vampires monstrueux, redoutables ennemis. Oh les dieux, ils s'en fichaient. Pas très important que disent les Will. Leurs mains, de toute façon, étaient faites pour le sang des vampires. Oh Age, comme tu n'étais pas dans ton monde, avec tous ces snobinards comme tu dis. Pas étonnant que j'existe, moi, ton alter ego. Je te servais d'échappatoire c'est ça? Quand tu désirais fuir le destin familial, il te suffisait de prétendre être pris par l'emploi. Et l'emploi... c'était moi et c'est encore moi! De toute façon, ce n'était pas ta passion, faire rire les gens. Je m'en souviens, ton sarcasme ne servait qu'à faire parler les autres. Ça me faisait plaisir, dans ces moments-là, d'échanger ma place avec la tienne.

Ils trouvaient cela outrageant, dans la famille : un chasseur qui ne chassait pas. Tu ne leur as jamais dit n'est-ce pas? À mon sujet? À quoi bon... Les vampires occupaient toute leur attention, tu aurais pu lâcher un nouveau Fat man sur le monde qu'ils ne t'auraient même pas regarder. Alors pourquoi leur parler de tes déboires d'adolescent? Ton père t'aurait dit de mieux traquer et ta mère d'oublier les distractions. Imagine ce qu'ils t'auraient sorti comme sermon, si tu leur avais déclaré : Maman, papa, je me suis trouvé un emploi dans la ville, le Clown de service. Je suis certain que tu te serais ramassé avec un gros calibre au fond du crâne!

Mais ça ne t'intéressait pas, à seize ans, de te promener avec une artillerie lourde sur le dos, cherchant ces buveurs de sang qui semblent donner du fil à retordre à ta famille, depuis la nuit des temps. Tu laissais ça à l'oncle Sam, au cousin Jack, à la tante Mirna ou à maman, tu voulais juste fumer une sèche dans l'herbe, après tout. Ça aurait été si facile n'est-ce pas? À croire que le destin Will n'exige pas ça de toi. Puisque l'histoire, plus tard, te donnera tort sur ton choix. Et plus tard s'avèrera être... beaucoup plus proche que prévu!

Te souviens-tu Age? Ce jour où, par une belle bruine fraîche, tu as reçu ce message, par avion papier. Oui, ton père possédait le don de messager. Ce truc qui lui permettait d'envoyer un avion papier à un destinataire précis. Ça t'a surpris, tu recevais fort rarement des messages de la part de ton paternel. Il faut dire que tu ne lui étais pas essentiel! Allez, apprécie ma rime! Lorsque tu as déplié ce bout de papier, la nouvelle inscrite a semblé bien sérieuse. Ton bout de cigarette a pendouillé sur ta lèvre inférieure : éberlué, tu n'as pas eu la force de la retenir. Tes yeux ont paru s'éteindre et les milliers de points d'exclamation à la fin de cette missive étaient assez explicites. Tu as jeté la lettre dans la poubelle la plus proche et, sans mot, tu t'es précipité vers ta demeure, ton pas de course frénétique.

C'est une cohorte qui t'a attendu sur le seuil de la porte. Au centre des Will, comme un roi austère, ton père t'a lancé un de ces regards tueurs, dans ceux qu'il utilise lors de ses chasses. À croire qu'il venait de découvrir que tu es le fils d'un vampire... Hoho. Mais non, ça n'avait rien d'aussi pire... enfin... c'est relatif. Il t'a fait un signe brusque, t'intimant d'entrer dans la maison à sa suite. Oh Age, tu as eu l'étrange impression d'être conduit à l'échafaud, sous les regards durs, tristes, compatissants de ta famille. Pourquoi l'oncle Sam secouait la tête, aussi blessé? Pourquoi tante Mirna serrait les poings en faisant saigner sa lèvre inférieure de ses dents? Tu es passé devant eux, faisant semblant (rien d'étonnant) de ne pas les voir et ton corps a disparu à l'intérieur de la demeure.

Je m'en rappelle, enfoui au fond de toi, moi aussi je voyais après tout. Ton père s'est arrêté au pied d'un immense linceul blanc, bosselé à plusieurs endroits. Je me souviens de ce rouge éclaboussant le sol et tachant le drap çà et là. Ce rouge aussi répandu contre les murs. À qui appartenait-il? Ça n'a pas été dur à deviner, les courbes dessiner par le linceul et ces quelques mèches rousses s'extirpant de celui-ci. Il n'y avait qu'une rousse dans la famille : ta maternel. Les mots de ton père sont tombés, tranchant, sans inquiétude de devoir amadouer ses propos :

« Morte. Tuée par un vampire.»
« Ça peut tuer comme ça? T'es certain que c'était pas un monstre quelconque qui... »
« J'ai dit que c'était un vampire. »
« D'accord. D'accord. »

Et le silence est retombé, comme la lame d'un couteau. Tes yeux fixaient feu ta mère sans franchement savoir quelle réaction avoir. T'es pas très rapide niveau émotionnel. Ça a beau te choquer, te toucher... ça te prend du temps avant de le montrer. Courage mon cher ami, nous t'apprendrons bien un jour l'art théâtral de la vie. Mis à part, tu n'avais pas grand chose à dire alors tu es resté planté devant le cadavre voilé à te poser milles et une questions. Un : comment se fait-il que ta mère se soit laissée mourir ainsi? Une femme aussi orgueilleuse. Deux : de qui le coupable a obtenu l'adresse de leur maison? Trois : comment savait-il qu'elle serait seule aujourd'hui? Cinq : Était-ce un sauvage pour provoquer un tel carnage?

Borné dans ton silence, ton père s'est tourné vers toi et les accusations qu'il t'a portées t'ont coupé l'herbe sous les pieds.

« Et toi, avec ton odorat de chien, t'as pas senti la présence d'un monstre pareil? T'as pas allumé? T'as pas réagi? Qu'est-ce que tu glandais encore, autre que traquer? Pendant que je filais un ennemi de la famille. Tu sais pas où est ta place? T'es de quel côté nom d'un chien? »
« De quoi tu parles? Comment pouvais-je savoir qu'il fallait me concentrer pour humer les odeurs? Il n'y a pas d'odeur étiquetée "vampire". J'ai pas de sixième sens. Je pouvais pas savoir qu'elle se ferait attaquer...»
« Tu pouvais pas savoir? Tu POUVAIS PAS savoir? Qu'est-ce que t'as retenu de tes formations, p'tit glandeur? Hein? Comment fuir un vampire peut-être? J'vais te dire MOI, ce que TU sais pas : tu sais pas protéger ta famille, tu sais pas attaquer un vampire, tu sais pas faire la différence entre une loque et ta personne, tu sais pas exister dans ce monde et après tu oses porter le nom des Will! J'ai un fils de merde qui ne sait rien faire de sa vie que de se tuer les poumons! J'vais te dire moi, ce qui s'est passé pendant ta putain d'absence, alors écoute-moi bien la loque parce que tu as intérêt à en prendre une part de responsabilité. »

Tu as glissé un regard en biais, direction la grande famille sur le seuil de la porte. Oh comme tu voulais fuir le destin! Mais ça ne t'aurait servi à rien. Tu as sursauté lorsque ton père t'a crié de le regarder puis il a raconté, sans omettre de te rendre encore plus coupable que tu ne l'étais.

« J'suppose que détaché comme t'es, t'as jamais connu l'histoire de nos chasses hein? Bah sache que c'est exactement pour la même raison que tu vois là. Ta mère, elle est morte sous la vengeance, mais ça t'en savait rien. Traître comme t'es, toi vouloir t'intéresser à nous ça te disait rien hein? Bah regarde ce que ça donne. Elle a crevé parce qu'un putain de vampire a décidé de se venger et tu sais pourquoi? Parce qu'en t'étais un sale gosse, ta mère t'a protégé contre un de ces monstres, en lui enlevant la vie avant qu'il ne t'enlève la tienne. Oh, mais ça, monsieur l'ignorait, monsieur voulait pas le savoir. Ben voilà ce que ça lui a valu de protéger quelqu'un comme toi! On chasse ces satanés buveurs de sang parce qu'ils nous ont enlevé des membres de notre famille autrefois. On fait ça pour laver l'honneur des Will. Tu le sais maintenant et que ça te reste dans le crâne! Parce que maman sera plus là pour te couvrir et tu as intérêt à prendre les armes le plus vite possible et de laver son existence, de laver tout ce sang sur les murs et le sol! D'en enlever la souillure. Parce qu'à l'avenir, il est hors de question que je protège une loque comme toi! »

Ton père t'a lancé d'immenses éclairs avec les yeux, à t'électrocuter en un instant. Puis il a juré, a brassé de l'air, a renvoyé la famille et claqué la porte, vous laissant tous les trois seuls. Il s'est dirigé vers le salon, a fourragé un peu partout avant de reparaître en te lançant violemment un objet. Tes mains l'ont réceptionné avec peine avant de constater qu'il s'agissait d'un revolver.

« Avec cette arme, t'as intérêt à te rappeler des sacrifices qui ont été faits pour toi. Il était à ta mère et si jamais tu t'en débarrasses, je te chasse comme l'un de ces vampires. Compris? T'es chasseur nom de dieu alors chasse! »

Tu aurais jeté l'arme au sol dans un élan brutal, si ton esprit ne se sentait pas aussi vulnérable face à ton père. Tes mains tenaient le revolver avec toutes les misères du monde. Tu savais bien à quoi il servait, tu connaissais le fonctionnement des chasseurs, contrairement à ce que ton père déclarait. Mais y consentir n'était pas ta vocation. Je suppose que ton destin t'a rattrapé. Il ne reste plus qu'à offrir des funérailles à ta mère. Qu'à vivre avec cet événement et son histoire. Tu prends sa place désormais. Pas le choix d'accepter.




Dix-huit ans très cher Age! Oh comme ça passe vite! Tu n'es pas excellent, encore novice, mais comme chasseur, tu n'es pas à plaindre. Tu te débrouilles plutôt bien en pratique au final. Le sang Will n'a pas donné naissance à une loque aussi terrible qu'il n'y paraît. Bien qu'il te faut encore t'y habituer. Elle est loin n'est-ce pas? La pause clope sur l'herbe à te détendre. Tu dors dès que tu peux, tu vis dès que tu peux et le reste du temps, tu utilises ton odorat pour repérer quelconques monstres. Cet odorat que tu as découvert un jour, alors que tu t'étais épris pour une odeur alléchante et que tu avais suivie dans tout le quartier, essayant de la retrouver. Belle réussite d'ailleurs! C'est vrai que les crêpes chaudes sont appétissantes!

Tu n'as plus vraiment de vie, tu n'as pratiquement plus de relations et c'est dans ce quotidien, que tu trouves infernal, que tu l'as rencontrée, elle. Cette fille particulière, cette hôte au caractère si semblable et à la fois si distant. Je ne peux pas vraiment dire que tu en étais fou amoureux. Loin de là, mais elle est quand même restée avec toi durant trois ans. Elles t'aimaient elles, toutes les deux. La déesse et l'hôte. L'hôte t'aime encore d'ailleurs. Ça ne te plaît pas? Moi j'aimerais bien qu'on s'accroche à moi de la sorte. Oh, mais toi l'amour... c'était quelque de flou.

Au moins te souviens-tu de son prénom? Oui. C'était original, ça lui allait bien. Elle s'appelait Dalri, Dalriada. Vous ne vous êtes pas connus sous les meilleurs auspices qui soient, mais comme départ, vous ne vous en êtes jamais plein. Elle avait seize ans, deux ans de moins que toi et prise dans un cercle vicieux qui ne la lâchait pas. Elle avait déjà tenté de s'y arracher, mais en vain. Il faut dire que son petit copain d'autrefois ne l'aidait pas. Pourquoi était-elle avec lui de toute façon? Tu le lui as demandé et voici ce qu'elle t'a platement répondu :

« Parce qu'il a l'argent pour le Crimson. »

Tu as ri sous-cape, elle t'a dévisagé, outrée :

« Qu'est-ce qui te fait rire? Accessoirement, c'est l'amour fou, y'a pas à douter. Nous sommes très bien ensemble. »
« Je n'en doute pas. Rassure-toi, tu n'as pas besoin de grandes justifications : j'y crois. Mais es-tu certaine de vivre de Crimson? Des gens crèvent ou, en tout cas, saignent beaucoup pour ça. N'est-ce pas un peu glauque de se droguer à leur sang? »
« Ce sont des vampires. Et ce n'est pas tant leur sang, je ne me transforme pas. De toute manière, je n'ai rien d'autre, très cher. »

Tu sais ce qu'elle veut dire. Tu la trouves paradoxale, à prétendre le grand amour auprès de celui qui la rend inconsciemment seule dans ce monde. Elle évite ton regard, ne cherche pas à se plaindre à tes pieds. Pour l'instant, tu n'es qu'une des rares connaissances qui restent à ses côtés. Pourquoi voudrait-elle être plus intime?

Tu cherches tes clopes dans tes poches, en sors deux, lui en tends une qu'elle prend volontiers. Une fois ta cigarette allumée, tu lui passes ton briquet et, bien assis sur un banc, vous contemplez à votre façon la fontaine centrale de Froënburg. Après un temps passif, tu entres enfin dans le vif du sujet :

« Normalement les humains ne cherchent pas à se blesser eux-mêmes. »

Elle vacille, mordille sa sèche et ramène ses jambes contre sa poitrine. Sa voix, défensive, te répond du tac au tac :

« Normalement, ils ne se mêlent pas non plus des affaires des autres. »
« Si. Ils le font pour en ressortir un avantage. Pour n'importe qui. »
« Menteur. Les gens de cette espèce n'ont qu'une mauvaise foi. »

Et de ta voix douce, de ton sourire rassurant, tu lui réponds ton adage :

« Je ne mens jamais, Dali. Car au bout du compte, si ces gens ont une mauvaise foi, en se mêlant des affaires des autres, ils en retirent leur avantage. »

Tes yeux glissent en sa direction et s'accroche à ses deux émeraudes, encadrées par les vagues dorées de ses cheveux. Elle est belle, Dalriada, même quand elle se sent troublée. Elle te contemple, interdite, ses yeux glissant sur ton visage en cherchant une quelconque plaisanterie, mais tu ne plaisantes pas. Cette belle jeune femme se passe une main dans les cheveux, voulant se ressaisir.

« Bon sang qu'est-ce que tu es? Tu m'énerves. Tu ne parles même pas de moi et pourtant... »

Silencieux, tu la laisses trouver ses mots. Elle secoue la tête, fume une bouffée et regarde ailleurs. Elle tremble un peu, la Dalriada. De froid? Par manque? En tout cas elle reprend, pensive, presque à contrecœur.

« Tu as dit que tu croyais en notre amour fou, lui et moi. Alors pourquoi est-ce que tu me sors des conneries pareilles? »
« Ce n'est pas parce que j'y crois que je ne peux avoir de soupçons. »

Tu te lèves, sans apercevoir la panique dans les yeux de la jeune femme. Elle a peur, sûrement parce que ce genre de conversations finissent toujours mal avec son grand amour. Si tu pouvais, toi, Age, comprendre les femmes...

« Où est-ce que tu vas? »
« Travailler. J'ai passé l'âge de ne "pas exister". Si tu veux parler, je serai libre... »
« Et si c'est maintenant que j'ai envie de parler? »
« ... »
« Age... je t'en prie. »

Qu'est-ce qui t'empêchait de refuser? Tout. Mais sûrement parce qu'au fond, tu n'es pas inhumain, tu es resté, quitte à te faire molester par ton père. Votre histoire a commencé ainsi et plus elle te voyait, mieux elle se sentait. De jour en jour, de semaine en semaine... Toujours aussi dépendante, mais moins souffrante, moins prisonnière. C'était évident dans ses yeux, toutes ces petites lumières, tous ces sourires, cette véhémence qui l'habitait lorsqu'elle te parlait. Très cher, n'as-tu jamais remarqué qu'elle t'aimait depuis le début? Tu n'étais peut-être qu'une connaissance, mais bien vite, tu as changé de rang à ses yeux. Un vrai amour, en échange de rien ou de très peu. Elle ne serait pas sortie avec toi pour de la Crimson, oh non! Sauf que tu n'es pas amoureux d'elle. C'est la vérité. Alors tu ignores ce que c'est, d'aimer en sens unique. Vos rencontres ont continué ainsi sur tout un mois. Fidèle à toi-même, tu n'as jamais cherché à lui cacher que tu es chasseur et elle t'admirait fort bien pour ce que tu faisais, alors qu'à tes yeux, ça n'a rien d'incroyable, d'héroïque.

En réalité Age, tout ce que tu voulais d'elle était une promesse : cesser la consommation du Crimson. En grosses lignes bien grasses, cela sous-entendait qu'elle coupait tout lien avec ses relations passées. As-tu cru qu'elle trouverait ça difficile? Oui. Tu te disais que l'amour fou serait dur à finir. Eh bien cet amour-là, Dalriada y a mis fin sans concession. Il n'était plus si fou que ça, sous la surface. De toute façon, c'est toi qu'elle a rencontré, c'est toi qui lui permettait de respirer tout d'un coup. Elle n'est pas du genre à changer d'homme à la va vite ah ça non! Elle avait tout simplement rencontré la mauvaise personne avant de te parler.

Votre histoire a duré trois ans. Trois ans où tu n'as jamais rien remarqué. Ou tu faisais semblant, exactement comme avant. Pourtant, tu lui donnais espoir, très cher. J'oserais même te traiter de stupide, tant tu as inconsciemment traité cette femme comme si elle n'existait pas pour toi. J'aurais bien aimé prendre ta place et la supporter, mais Age, le menteur qui ne dit que la vérité, n'avait pas envie de se mettre à nu. Parfois je me demande même si tu ne jouais pas avec elle et je me souviens que tu n'as pas une personnalité aussi tordue. Pourtant franchement, ce n'est pas compliqué de dire "je t'aime"! As-tu déjà eu l'envie de l'embrasser? Quand vous partagiez le même lit, avais-tu réellement envie de lui offrir du plaisir? Je comprends, pourquoi elle est partie finalement. Ça devient lourd de vivre avec toi comme ça. Mais elle t'aime. Elle t'aime encore et encore, tu pourrais aller la voir, vous donner une seconde chance. Non?

Je suppose qu'à ce stade de ton histoire, même moi Lys, je ne te saisis plus autant. Quel âge as-tu maintenant? Ah oui, vingt-et-un ans. Eh bien cher adulte, il est temps de te prendre en main. Que comptes-tu faire? Ça fait trois mois qu'elle est partie, la Dalriada. Vas-tu chasser? Provoquer d'autre raclure comme toi? Retrouver la flamme perdue? Qu'est-ce que tu vas faire? Parce que ce n'est pas à moi de raconter tes exploits contre les vampires ni à moi de narrer tous tes souvenirs. J'en ai assez dit, peut-être même pas assez. Je m'attarde sur certains détails et en oublie d'autres, mais Lys, le Clown est fatigué de parler. Viens prendre ma place veux-tu?



Il ferma les yeux, tendit le nez et huma doucement l'air. Les effluves et les relents attaquèrent ses narines avec brutalité, tandis qu'il les triait afin de trouver la trace olfactive qu'il ciblait. Il froissa sous son nez le bout de tissu qu'il tenait entre ses mains, puis lorsqu'une odeur sembla illuminer son monde de sens, il ouvrit les yeux et fonça dans la nuit, à travers le quartier résidentiel de Froënburg. Nul besoin de repère visuel, sa carte olfactive le guidait. Dans sa course, il tapota la pochette à sa jambe droite, satisfait de la sentir pleine. Cette nuit, il aurait grand ménage à faire.

« J'ai envie d'une cigarette... »

 
Pouvoirs & Armes

LYS
Lys, l'alter ego caché. Lys, quand Age lui cède sa place. Lys, pour faire rire, pour se cacher. Lys le Clown. Lys, sa propre apparence, sa propre identité. Va, va et prends sa place, à Age. Lorsque cet homme ne voudra plus se tenir debout, lorsque la fatigue lui donnera envie de se cacher. Quand il se reposera, quand il dormira ou quand il le voudra, Lys se réveillera. Ce sera à son tour de vivre, à son tour d'agir.

Lys est l'alter ego d'Age avec lequel celui-ci peut échanger de place. Ainsi, ce clown lui sert autant pour son travail de citoyen et son rôle de chasseur. Age prend son apparence quand il échange sa place avec son alter ego. C'est un grand clown, dépassant la plupart des humains de deux têtes, avec un sourire constant sur le visage et de grands souliers. Un costume extravagant et tout plein de fantaisies dépassant de ses poches. il n'a aucune crédibilité, mais Lys est très utile quand Age est en chasse. À ne pas prendre à la légère ses blagues lourdes et de mauvais goût.
REVOLVER ANTI-VAMPIRE ∞ Ressemblant à un Taurus Raging Bull, l'arme repose sur sa cuisse gauche. Age traîne toujours sur lui sa pochette à munition. Imaginez, chasser un vampire et au moment de l'achever, votre arme n'a plus aucune balle. Adieu la supériorité! Le tout accompagné de gants noirs.
OLFACTION ∞ Age possède un odorat égalisant celui du canidé, lui permettant de sentir les odeurs autour de lui. Il repère ainsi ce qu'il cherche, chaque être possédant une odeur qui leur est propre.



Écran magique

KJHCkjdkhfj VOUS AIMEZ LE THÉ? 8D Je ne serai certes pas dès plus présentes, mais je serai capable de me connecter une fois par semaine et la fin de semaine. Si possible. Surtout qu'en ce moment je rentre dans un projet colossal. x) ()

Code:
[b]OC & Clown[/b] de [i]Penguin Factory & Sawasawa[/i] est Age Will.
 




Dernière édition par Age Will le Sam 11 Oct 2014 - 17:51, édité 38 fois
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Le meilleur menteur ne ment jamais

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