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Lyzbeth Zalender - And Again.

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MessageSujet: Lyzbeth Zalender - And Again. Ven 21 Aoû 2015 - 22:15





Lyzbeth



Zalender
« On n'est jamais vraiment soi que quand on est haï. »
29 ∞ Magicienne ∞ Kainé de Nier.
   Hétérosexuelle ∞ Professeur Particulier
Psychorigide ? Je ne pense pas l’être. Certes je ne suis pas l’allégorie de l’ouverture d’esprit (ou de l’ouverture aux autres tout court), on dira juste que j’ai des principes. De ceux qui m’empêchent de dérailler, de garder une ligne conduite digne du sang qui coule dans mes veines. Tout le monde devrait avoir des principes, ça éviterait bon nombre de débordements, vous savez tous ces gens qui deviennent fous à s’en cogner la tête contre les murs, et bien ceux-là, ils en manquent, de principes. Je le répète souvent ce mot, mais pour moi c’est important. Je n’oserais pas dire que je suis l’incarnation de la droiture et de la sagesse, loin de là, qui a dit que les principes moraux se voulaient toujours vertueux ? Ils ne sont après tout qu’un leitmotiv aux actions de tout un chacun, qu’un moyen plus ou moins louable de justifier ce que l’on fait, notre façon de penser. C’est peut-être même au fond un concept de lâches finis qui ne peuvent assumer ce qu’ils pensent ou la façon dont ils agissent qu’en se cachant derrière ce grand étendard qu’est celui de la moralité. Et c’est bien la seule lâcheté de laquelle je consentirais à  m’affubler.

Le bel et fier banneret de la vertu, celui des justes et des puissants, des nobles serviteurs de la bonne cause. A vrai dire, ils me donnent la nausée, tous autant qu’ils sont, ces défenseurs de la veuve et de l’orphelin, ceux qui font don de soi, aux autres, au monde. Qu’y a-t-il de plus précieux que sa propre vie, que ses propres désirs ? Rien. Car au fond, si on vous a mis au monde, c’est pour vivre pour vous-mêmes, c’est pour que vous vous extrayiez de votre minable condition de misérable rampant, la tête et l’esprit rivé vers les étoiles dans l’espoir qu’un jour vous pourrez toucher du bout des doigts le firmament de vos aspirations. Cette combativité, cet acharnement presque, à extraire de la vie tout ce qu’elle peut m’offrir fut mon exutoire il y a bien longtemps et le demeure toujours aujourd’hui. Vous l’aurez compris, je ne vis pour personne d’autre que moi, et ça me semble être suffisant. J’ai déjà suffisamment de desseins en tête pour que la ligne de mon destin se trace du bout de ma plume avec une assurance qui ne m’est pas étrangère.

Peut-être mes paroles peuvent résonner en vous et ne renvoyer à votre petit intellect qu’une expression de méchanceté gratuite, ou de déni volontaire de notions qui miroitent dans les yeux de la plèbe comme étant le summum de la force et de la sagesse. Je vous réponds alors qu’un singe aura beau admirer tant qu’il le voudra un lion jamais il n’en aura la puissance ni l’élégance. Et c’est exactement ce qui me démarque de vous, de tous ceux qui pensent que la bonté est une qualité, de ceux chez qui le sacrifice peut extirper une larme d’émoi. A tous ceux-là j’aimerais délivrer un message pour tenter, du mieux que je le peux et dans un élan de bonne volonté que je semble tant honnir, de vous sortir de cette naïve candeur qui vous mènera à votre perte. Oh et puis… après tout, votre déclin m’importe peu, pourvu que votre échine ne plie que sous le poids de mon passage.

Je suis souvent dépeinte comme égoïste, égotiste, narcissique et ce serait mentir que tenter de dénigrer ces propos. Ce serait même impossible tant leurs racines sont profondément ancrées dans ma façon d’être, dans mon psychisme et même dans mon regard que je pose sur vous comme si vous n’étiez au fond qu’un simple élément de décor, terriblement fade et périssable, éphémère et je ne parle pas d’un paysage à couper le souffle, des 7 merveilles du monde et autres. Non, pour moi vous seriez plus comme le morceau de trottoir que je contemple depuis des années en sortant de chez moi, comme ce lampadaire au bout de la rue qui pollue mon champ vision de sa banalité effarante, comme la fourmi ouvrière qui se traîne inlassablement jusqu’à la fin de ses jours. Alors voilà, je vous méprise. Les seuls qui trouveront grâce à mes yeux et pourront chercher mes bonnes faveurs sont les gens de mon espèce et ceux que j’aurai sous ma botte. Les autres, les guillerets, les enjôleurs, les simples d’esprits et tous ces gens sans reliefs ni profondeur finiront inexorablement comme la fourmi : écrasés par le poids de mon auguste présence.

Ma façon très personnelle de penser le monde ne m’aide pas à trouver des compagnons de route pour cheminer sur les sillons de la vie. Je suis seule, très souvent, bien trop souvent car au fond, je n’aime pas cette solitude, je ne déteste pas tout le monde, je déteste beaucoup de monde, là est la nuance. Il m’est difficile de trouver des gens que je supporte et qui surtout parviennent à me supporter, à souffrir mon autosuffisance, à essuyer sans remords le trop plein de franchise dont je suis l’infortunée victime. J’ai beau être dure, autoritaire et un peu trop pragmatique, l’Homme est et restera un animal social, qu’il ait des crocs ou une baguette magique.

Fidèle je le suis autant à moi-même qu’à ceux qui trouveront une place dans ce cœur que j’ai enterré il y a bien longtemps. Je n’ai pas honte ni de ce que je suis, ni du fruit de mes pensées fussent-elles les plus scandaleuses. Et je pense que là réside toute cette rigidité qui me colle à la peau, je ne sais pas me remettre en question, ni maintenant ni avant. J’ai toujours eu cette chance de voir mes jugements validés par un cruel empirisme, de voir de mes yeux ce qu’il y a quelques temps je prédisais. Difficile de douter de soi-même quand la Vie vous prend dans son cours et vous fait voguer sur les agréables mais non moins piquants canaux de la justesse.

Ceci dit, ces « tares » au sens commun du terme ne m’empêchent pas de dialoguer avec mes semblables. Bien souvent je m’amuse de leur ingénuité, de leur simplicité ou même de leur naïveté avec un sadisme bien particulier. Difficile de m’agacer tant je ne considère souvent que très peu ce que les autres me disent, en tout cas, tant qu’on ne parle pas mon langage, reptilien et intriqué qui détient la clé de voûte du dédale de mon esprit, le déclic psychique n’aura pas lieu, vous gâcherez votre temps et votre salive, mais peu m’importe.

Mais s’il y a une chose par-dessus tout qui parvient à percer mes défenses, c’est la détermination, la résignation sans failles, le placement de son énergie à l’accomplissement d’une tâche. La beauté de ce geste m’émeut et m’apporte un sentiment de fierté partagée, elle m’envahit, elle m’éblouit, elle me rappelle mes jeunes années. Alors même dans la faiblesse, un être déterminé prend une forme toute autre à mes yeux, il s’extrait des grouillants pour se hisser vers les vivants. Très peu m’ont fait ressentir ça, ce lien invisible qui pourtant m’attire vers eux sans qu’ils n’en aient conscience.

Tout ce que je viens de raconter… N’est autre que la vérité, ce n’est que ce qui me vient à l’esprit quand je regarde dans ce miroir et me plonge dans le reflet de mes yeux ambrés, cette couleur de feu éteint. Au prime abord vous ne vous en rendrez pas compte, j’aurai l’air d’être simplement une femme un peu hautaine, distante et froide car après tout, ces confessions, je ne peux me permettre de les livrer au premier venu. Ce n’est qu’en creusant le dialogue et en parvenant à m’intéresser assez à notre conversation que vous pourrez extraire minutieusement le nectar de mes pensées profondes.

      Biographie

       
Captive.


Les contes de fées… Charmante imposture savamment distillée dans des paillettes et des histoires à l’eau de rose pour embaumer la perception des bambins, dans l’espoir de retarder l’arrivée inéluctable de la fatale désillusion apportée par ce messager funeste qu’est la vie. J’ai un jour cru à ce simulacre d’existence, à cette mascarade bien ficelée, me projetant naïvement dans les pantoufles de verres d’une Cendrillon des temps modernes. J’y ai cru ou on m’y a fait croire, profitant de l’innocence et de la virginité de mon esprit juvénile, préservé dans une prison dorée de la violence de notre société. J’ai été bordée tous les soirs dans mon lit à baldaquin dont les voilages d’un rose sucré suffisaient à me donner l’illusion de trôner en souveraine sur la principauté de mon petit univers. Dans cette bonbonnière chaque soir, une mère aimante venait renforcer mes croyances en un monde idyllique et acidulé, persuadée dans la bonté de son être que ses efforts pour que mon regard déjà baladeur ne s’attarde que sur ce que le monde offre de plus doux, de plus beau, de plus agréable porterait ses fruits. C’est avec une répugnante innocence qu’elle voulait faire de moi un double de sa personne, qu’elle souhaitait égoïstement que je marchât sur ses traces, sur les traces d’une femme qui fût heureuse dans sa vie, qui étudia longtemps la magie, qui était maîtresse de sa personne et dont la sérénité, le calme et la douceur faisaient la renommée. Il m’est impossible de lui en vouloir après tout, pourquoi s’embarrasser d’une progéniture si ce n’est pour lui garantir un avenir qu’on lui voudrait radieux, qu’on lui souhaite de parcourir les sentiers sinueux de l’existence éclairé par un soleil baignant sa personne de ses rayons les plus éblouissants, les plus réconfortants et sécuritaires.

Si je m’attarde tant sur la figure maternelle, c’est qu’au-delà d’une simple génitrice, elle était aussi mon précepteur, ce fût elle qui m’enseigna les arcanes de la magie. Tout le crédit que j’ai pu lui apporter provient de cette seule occurrence. Incarnant tout ce que plus tard je toisais d’un regard noir, sa fiabilité, sa maîtrise et son incroyable talent en faisait quelque part mon modèle et gommait grossièrement les pêchés dont elle se rendait coupable par sa seule existence, car ce dont je rêvais réellement petite n’était pas de château et de beau prince en Porsche rutilante. Je songeais à dominer, à conquérir, à vivre, à la liberté d’entreprendre et de mener ma vie comme je l’entendais. Par esprit de contradiction maladif certainement, je m’efforçais au fil des années à m’éloigner du plus possible du chemin qu’avait emprunté la Dame de Lumière comme on l’appelait communément. La seule incidence que j’acceptais que nous ayons en commun restant le doigté féérique avec lequel elle maniait ces prismes lumineux, la grâce avec laquelle elle fendait l’espace pour le distendre et embrumer les sens. La force de son mental rendait l’exécution de chacun de ses gestes gracile, du bout de sa pensée elle malaxait, elle pétrissait, elle sculptait les particules avec une finesse qui m’éblouissait.

J’étais sous son charme, je la regardais faire comme poney regarde la jument galoper, les yeux arrondis et écarquillés par un niveau de maîtrise que je pensais inégalable, agacée par le fossé qui séparait nos domaines de compétences, galvanisée par la perspective de la surpasser. Alors quand j’eus atteint l’âge auquel je languissais de pouvoir troquer cet abhorrant rose enfantin qui me poursuivait où que j’aille contre le gris que j’admirais pour sa neutralité, je quittais la barque qui m’emmenait sur son sillage pour prendre le large vers un océan de possibilités que je voyais infini. Ainsi ma vie avant mes 18 ans et mon enfance furent rythmés simplement par l’école régulière et l’apprentissage du don que l’on m’avait offert. Chaque jour, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’une canicule s’abatte sur nos terres, j’étais dehors à la même heure, à l’ombre de ces saules dont les pleurs s’écrasaient sur mes épaules imperméables à leur peine, étudiant scrupuleusement les mystiques mécaniques de ce que j’appelais de l’art. De temps à autres je levais les yeux pour regarder autour de moi la complexité de mon environnement et jour après jour je me confortais dans l’idée que tout ceci, toutes ces fioritures matérielles dont on s’encombre ne mettent en relief que la désespérante habitude des êtres humains à vouloir dénaturer leur environnement. A vouloir façonner selon leur bon vouloir leur entourage qu’il soit matériel ou bien vivant.

Je ne suis pas née avec ces tendances sociopathes dont on m’accable souvent, j’ai appris à le devenir quotidiennement, au travers de ces constats et la triste vérité c’est que je ne faisais que relever ce qui se passait autour de moi, petit à petit, ces propos prenaient plus d’envergure, ils étaient ornés d’un halo de lumière comme si un des Dieux eux-mêmes revenait d’outre-tombe et me les pointaient du bout de son doigt omnipotent. Je faisais des rapprochements avec le comportement de ma mère qui me causait des crises de colères noires, j’étais un ouragan en boîte, un lion en cage et toute la virulence avec laquelle je rejetais obstinément les préceptes de ma génitrice ne s’exprimait que par une aphonie volontaire, un mutisme cinglant que revêtissais, certaine que mon silence suffirait à faire taire ses ambitions.

A vrai dire, elle ne m’intéressait pas plus que pour les raisons sus citées, le personnage qui forçait ma curiosité était mon père. Tout au long de mon enfance, je ne dus le voir que 3 ou 4 fois, un homme entouré de mystère à qui nous devions notre situation privilégiée, la douce sensation de se sentir hors du besoin, d’être dans une stabilité et un confort matériel que peu peuvent s’offrir. Chaque fois que naïvement je me risquais à glaner quelques informations à son sujet, je ne recevais de mes interlocuteurs qu’un vague signe de la main accompagné d’un rictus facial gêné, presque apeuré, leurs mots restant coincés dans leur gorge comme si de sa puissante main il venait les y étouffer. Je ne sus rien de lui et aujourd’hui encore je me demande qui il est vraiment, cet homme dont je ne connais que le nom, Alexander. Parfois je m’interroge à son sujet et entreprends quelques recherches dont l’initiative est vite tuée dans l’œuf par ma rancœur, il n’avait jamais fait l’effort de se rapprocher de moi, pourquoi devrais-je user de mon temps et de mon énergie pour courir après un spectre dont le pas ne laisse qu’une emprunte dans laquelle se mêlent et s’entrelacent crainte et pouvoir ?

Il n’y a rien de plus à relater au sujet de ma vie d’avant, de celle que j’ai depuis longtemps enterré sous une montagne d’aventures, ma vie, la vraie, elle commença à cet instant précis quand, regardant ma mère dans le blanc des yeux, je lui annonçais que je partais, que je mettais les voiles et que j’en profitais avec le sadisme le plus malsain pour dérouler sous ses pas trébuchants le tapis de mes pensées. Je me souviendrais toujours de cet instant, de moment, ce déclic après quoi ma vie bascula.

C’était un charmant soir d’été, nous étions sous le patio, prenant le souper, je revenais tout juste de la faculté. J’étudiais la sociologie dans une institution de renommée nationale, j’aimais ce que je faisais mais j’aimais la magie plus encore, elle avait ce je –ne-sais-quoi d’impénétrable et d’élitiste aussi. Il est donné à n’importe quel sobriquet d’intégrer une faculté et d’y étudier ce qu’il voulait pourvu qu’il forçait un minimum sa nature oisive et qu’il se donnait la peine de faire quelque chose de ses dix doigts. Et par faire quelque chose j’entends bien quelque chose de constructif car voyez-vous l’homme à en lui cette singulière propension à détruire tout ce qui lui passe dans les mains, à n’extraire des fruits qui lui ont été donné qu’un jus dégoûtant, âcre, somme toute un vin n’étant que l’ombre de l’hydromel qu’il aurait pu y trouver.

Ceci dit, l’étude de la sociologie et de l’anthropologie ne firent que renforcer mes positions en y construisant un mur d’acier trempé, à mes yeux, les hommes ne méritaient ni la vie ni la Terre sur laquelle ils proliféraient. Tout dans leur façon d’être désordonnée jurait avec l’harmonie de la nature, tout dans leur façon altière de s’approprier ce qui les entoure me dégoûtait singulièrement au point que je ne supportais pas que ces espèces de pantins décérébrés ne m’adressassent la parole au cours de mon cursus. Toujours est-il que ce soir je rentrais avec en bouche un arrière-goût amer et comme une envie d’en découdre avec l’illogisme de ma vie.

Je m’étais plantée face à ma mère déjà attablée, le paysage portait son air mélancolique, comme déjà en deuil de mon départ, de ma fuite et mon envol et soulignait mon discours d’une brise agressive, fouettant le visage de ma mère, se substituant au geste que j’eus aimé porter si le respect ne figurait pas dans mes valeurs. Assise calmement, j’avais attrapé une tasse pour m’y verser un thé au jasmin dont les effluves m’apaisaient et eurent le curieux effet de pacifier mon discours que longtemps j’avais affûté, aiguisé pour qu’il se fasse le plus tranchant et meurtrier possible. Sur un ton stoïque et plat, je me lançais dans ma tirade, observant avec un damné plaisir son visage se décomposer au fur et à mesure que je déroulais et l’encerclait du barbelé de mes pensées intimes et de mes intentions.

« Je m’en vais, ne me retiens pas, ne dis pas un mot, contente toi d’écouter très attentivement mes prochaines paroles car elles seront les dernières que tu entendras de ma bouche. Comprends bien que je ne te dois rien. Je n’ai jamais demandé à venir au monde ni à échouer dans une famille monoparentale dont la seule figure faisant autorité est une femme pitoyable entretenue par un mari fantôme et dont les aspirations suintant d’une naïveté déconcertante tendent et essaient désespérément de déteindre sur sa progéniture. Je ne veux pas de cette vie ni de cette famille distendue, de tes contes de fées, de ta vision de la fille parfaite. Je suis une individualité à prendre ou à laisser, tu as beau être une magicienne émérite, pouvoir modeler la lumière selon tes désirs, tu as oublié, et je ne t’en tiens pas rigueur au vu de tes capacités intellectuelles, que je n’étais pas une particule malléable. Cependant je te remercie de m’avoir transmis ce que tu savais sur la magie et insufflé une passion que je n’aurais pas pu me découvrir seule, en cela je te suis reconnaissante. Tu transmettras ou pas la nouvelle de mon départ à cet homme que je ne peux me résoudre à appeler père tant il brillait de son absence. Bonne continuation. »

Je me relevais fissa, la regardant une dernière fois, laissant planer sur elle mes yeux mordorés, inexpressifs. Ils la transperçaient, mémorisant sa face dépitée, ses traits de chiens battus que l’on viendrait d’abandonner et qui regarderait son maître d’un œil gauche et sinistre sur le bord d’un trottoir. Satisfaite. J’étais pour la première fois de ma vie dans un état second ou la légèreté s’emparait de mon être et où la gratification de la tâche accomplie subjuguait le dégoût et la lassitude qui d’ordinaire couvraient mes sens. Je claquais la porte sans rien prendre sur moi qu’un sac et ma carte bleue, je voulais oublier cette période inutile que fût ma vie au berceau et consacrer mon temps à de plus nobles desseins. Du moins nobles… à mes yeux.


Emancipation.


J’étais partie sans me soucier des conséquences de mes actes et à vrai dire je ne m’y suis jamais intéressée, je suis de ceux qui marchent tête haute les yeux rivés vers l’horizon, évitant du plus possible de se retourner sur des faits immuables. Soit, alignant à la couronne du temps 18 joyaux, je partais à la conquête de la vie commençant d’abord par établir mon camp dans un appartement de la ville voisine : Froënbourg. Une petite ville qui ne payait pas de mine, sobre et austère, comme ce qui me plaisait à cette époque. Fustigeant longtemps sur le dos des oisifs, je ne pus me résoudre à rester longtemps sans rien faire bien que ma prospérité financière fût assurée par la bienveillance de mon si cher et tendre père. Alors je passais de longs moments, creusant comme un spéléologue à la recherche d’une relique dans les méandres de mon esprit pour trouver le saint Graal, une occupation qui premièrement susciterait mon intérêt et deuxièmement n’impliquerait pas un contact prolongé avec les macaques avec lesquels je partage cet air.

La révélation me vînt un jour. J’ai omis de mentionner que dans cet instant latent entre mon départ et mon entrée dans ce que les emplumés et cols blancs appellent pour se lustrer le poil « la vie active », j’écumais le milieu nocturne, assise au comptoir d’un bar, fréquentant les êtres les plus dégradés et dégradants que la Terre ait porté. Je maudissais leurs parents d’un jour avoir eu l’idée saugrenue de se reproduire et de répandre la gangrène de la stupidité dans une population déjà intellectuellement atrophiée. Je restais là, de longues soirées, seule à cette table que nombre ont essayé d’approcher, repartant très vite la queue entre leurs jambes tremblantes et flageolantes d’ivrognes, laissant trainer derrière eux une odeur presque aussi nauséabonde que leur compagnie. J’écoutais les bruits de couloirs et j’observais cette faune avec l’intéressement du scientifique face à ses souris de laboratoire.

Je planais dans le ciel étoilé, survolant la ville de mes noires ailes, le regard tourné ou le vent le portait mais les oreilles attentives aux bruits qui couraient. Je les écoutais d’abord par curiosité puis ensuite parce que je n’avais purement rien d’autre à faire. Pendant ce temps, j’appris que ma féminité qui forçait l’admiration des hommes détrempait le respect qu’ils –je le pensais- me devaient naturellement. Ils me traitaient comme un outil, un objet, une chose désirable et consommable, un idéal, un fantasme, en bref une chose que je n’étais pas. Je m’intéressais longtemps à ce qui pouvait causer chez eux un tel émoi, leur arracher ce visage conciliant, ces yeux rêveurs et ce regard fuyant entre les vallons de ma poitrine. Tant qu’ils avaient en vue un signe de féminité, ils se pensaient en position de prédation, ils se pensaient chasseurs, prêts à foncer sur leur chétive proie dont ils pourraient ensuite disposer de tout leur soul. Cette image de moi-même que me renvoyaient leurs yeux teintés par des arrière-pensées lubriques ne me plaisait pas. Ainsi du jour au lendemain, je bannissais de ma garde-robe tout ce qui ne fût pas unisexe et perpétrait l’expérience, me rendant compte avec une pointe d’ironie amère que l’indifférence maintenant ornait leurs faces débiles.

Seule une personne osa m’approcher après que j’eus revêtit ma casquette masculine, un homme, un peu chétif et de quelques années mon aîné. Il s’avérait que lui aussi, chaque soir il traînait, désœuvré dans ce bar. La différence entre lui et moi ne fût que j’attendais encore monts et merveilles de la vie, que je m’imaginais déjà à l’instar de mon père dans des hautes sphères, dirigeant d’une main de fer quelques subordonnés bien dressés. Bizarrement, je ne le rejetais pas. Peut-être fusse son approche qui titilla ma curiosité, ou peut-être encore cette finesse d’esprit que je n’avais jamais encore rencontré jusque-là, toujours est-il que je lui accordais quelques minutes de ce temps que j’aimais appeler précieux mais dont l’usage que j’en faisais ne s’apparentait à rien d’autre que du gâchis.

Il vînt s’attabler près de moi, sans demander son reste, m’arrachant un rictus contrarié et un regard meurtrier. Sur son visage où le temps avait fait son œuvre, les rides d’expression qui sillonnaient son visage lui donnaient un air de débauché, un vieux de la vieille qui devait dans sa jeunesse avoir fait les 400 coups, son corps encore témoin de ses actions, marqué par des balafres éparses. Ce qui me choqua ou plutôt m’interpella réellement, c’était son expression, son sourire vicié, ses yeux malins et sa façon faussement innocente de parler, ses mots dont pas un ne sortait de ses lèvres inexistantes sans porter avec lui un double-sens lourd de conséquences. Cet enfoiré m’intimidait. Je sentais en lui l’ouvrage et l’expérience d’une vie riche de périls, je le voyais comme un réel prédateur, comme s’il m’avait guetté tout ce temps du recoin d’une ruelle sombre et qu’il avait choisi ce moment, cette errance pour me bondir dessus au moment où je me croyais la plus invulnérable, regrettable illusion.

« Lyzbeth Zalender, fille d’Alexender et Marinia Finsbury. Magicienne de lumière plutôt douée, renfermée, énervée contre le monde et surtout contre ses vieux. T’as un sale caractère mais t’es futée, un peu trop pour ton bien d’ailleurs. »

Interloquée, complètement figée, je l’écoutais. Le dévisageant à présent d’un air que je voulais mauvais mais qui s’en retrouvait abruti par la stupeur et l’incompréhension. Je me redressais, me penchais un peu plus vers lui mes deux mains croisées sur la table, poussant un peu sur le côté la bière qui me gênait dans mon entreprise. Je voulais l’impressionner aussi, lui montrer que malgré ses paroles je ne me démonterais pas, que je n’étais pas un frêle insecte que l’on broie au creux de sa main, un énième indésirable au milieu de la masse grouillante.

« Qui es-tu ? Je ne demande même pas comment tu as eu ces informations, ça ne m’intéresse pas. Je veux juste savoir ton nom. »

Il ricanait de son rire gras qui raclait sa gorge pour s’extirper de ses cordes vocales puis dansait autour de mes oreilles, provoquant chez moi un spasme nerveux peu commun. Ses manières m’irritaient au possible, cet espèce de vieux débris d’un temps passé, il devrait être mort et si je trépignais d’envie de le faire de moi-même, je ne m’en sentais pas capable, j’étais comme oppressée par sa présence, mes envies de mutinerie mortes nées, étouffées au couffin par son simple regard posé sur moi, le regard d’une bête de mauvais augure, l’animal solitaire, la charogne qui lorgne de loin sa carcasse, rôdant prudemment autour de son dû.

« Je vais plutôt te dire l’inverse ma belle. C’est ton père qui m’envoie. Il a du boulot pour toi, je crois qu’il apprécie pas trop que tu t’endormes sur sa fortune. J’ai des gens à te présenter mais d’abord, finis ta bière. »

Il ne décrocha pas d’autres mots après ça, je serrais les poings, les dents et tout ce qui pouvait être contracté sur un être humain l’était chez moi tant ses manières me sortaient par les yeux, tant j’avais envie de lui trancher la gorge, de l’éventrer, de lui crever ses sales yeux d’ivrognes. Ce type ne manquerait à personne, et certainement pas à moi. Comment osait-il prétendre que je nourrissais le souhait de prospérer sur la fortune de celui qu’ils appellent mon père ? Je ne dois rien à ce type, pas plus qu’à ma mère, qu’ils se le rentrent bien tous dans le crâne, ces insinuations commençaient lentement à faire grimper la température, menaçant de me faire sortir incessamment sous peu de mes gonds. Je terminais ma bière d’une traite et me levais rageusement, gardant mes yeux posés sur lui, le toisant du regard le plus noir qui m’ait été donné. Mais malgré ça, je le suivais, indubitablement poussée par la curiosité maladive, derrière moi soufflait le vent de l’inconnu et j’étais impatiente de découvrir quels étaient les desseins d’Alexander pour moi, qu’avait-il planifié pour sa fille, celle qu’il avait rejeté tout ce temps. Je l’imaginais au travers de cette action comme un patriarche à la fierté mal placé qui requiert que chacun des membres de sa famille ne ternisse pas le beau et fort nom de Zalender, qu’au-delà d’être un nom il perdure dans les esprit comme étant une marque de fabrique dictant un mode de conduite véhiculé par les membres de la tribu. Fatale erreur, il suffisait de voir ma mère car si la crainte et le pouvoir devaient suinter de ces lettres il aurait mieux valu pour notre blason qu’il se choisisse une donzelle avec un tempérament, je dis bien UN tempérament car elle n’en a même pas l’once d’un.

Il passait devant moi, me regardant toujours du coin de l’œil, me tenant comme menottée psychologiquement, il avait habilement évoqué le nom de mon père et bien que je ne le haïsse du plus profond de mon être, la seule évocation de cette figure suffisait à me faire marcher gentiment en rang contre mon gré. On sortait du bar, une berline noire m’attendait dehors, je ne voyais pas le chauffeur, je m’y engouffrais imprudemment, ne pensant pas encore que cette simple occurrence aurait raison de ma liberté.

       
Pouvoirs & Armes

   NOM_POUVOIR/ARME 1 ∞ Description ici
   NOM_POUVOIR/ARME 2 ∞ Description ici
   NOM_POUVOIR/ARME 3 ∞ Description ici

   
Il s'éveillera

   Si vous désirez un pouvoir supplémentaire accordé par le staff, veuillez simplement effacer l'une de ces trois propositions : J'aime ce qui est SpécialJe crois au Psychisme.

   Deux pouvoirs vous seront alors proposés et vous ne pourrez en garder qu'un seul. Ensuite, vous pourrez développer votre pouvoir ici en écrivant, par exemple, comment vous avez découvert ce pouvoir, comment vous l'utilisez, combien de temps vous pouvez l'utiliser et sur quelle portée, quels sont les effets secondaires, etc. Évitez tout de même de tomber dans le Grosbill, hein.
   Vous pouvez aussi décider de recevoir cette capacité mais de la "découvrir" durant rp.

   Si vous ne désirez pas de capacité offerte, veuillez simplement supprimer cette partie ou simplement signaler que vous n'en voulez pas. Vous pouvez à tout moment changer d'avis.

   LES 2 CAPACITÉS NE VOUS SERONT PROPOSÉES QU'UNE FOIS LE MENTAL ACHEVÉ.

   
Écran magique

   Tu as champ libre pour te présenter comme tu le souhaites et pour indiquer le super code du règlement de la morkitu, sous balises cachées ()

   
Code:
[b]Kainé[/b] de [i]Nier[/i] est Lyzbeth Zalender.
     


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